Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Sylvie Goulard, députée européenne et soutien d’Emmanuelle Macron

Invitée de Guillaume Durand

Union Européenne : « Le temps n’est pas à la pause mais à l’accélération »

Extraits :

A propos du futur Premier Ministre

« Il y a un temps très court en France entre le soir de l’élection et l’entrée en fonction. Le Président de la République prend donc le temps de la réflexion. »
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« Peut-être que le choix du Premier Ministre obéit aussi à l’envie de faire des choses. »
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« Macron reste sur la ligne qui a été la sienne. Il est d’avis qu’il faut de nouvelles politiques pour la France et de nouveaux visages. »
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« La parité est un des éléments de modernité des sociétés et de justice. Mais la seule chose qui compte est de combiner la parité à la compétence. »

A propos de la future visite d’Emmanuelle Macron à Berlin

« Ils aborderont des dossiers de fond et construiront des agendas de travail. C’est une tâche immense qui consiste à essayer de sortir l’UE de l’ornière dans laquelle elle se trouve. »
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« Nous avons trop tardé à faire des choses en Europe. Nous n’avons pas répondu à un certain nombre de demandes des citoyens européens en matière de défense, de prospérité, de convergence sociale et fiscale, en matière de protection commerciale… Le temps n’est pas à la pause mais à l’accélération, ce qui ne veut pas dire qu’il ne va pas falloir un certain temps pour réussir à trouver des positions communes. »

A propos de l’instauration d’un budget et d’un ministre de la zone euro

« Il est dans l’intérêt des Français que les comptes publics soient bien gérés. Donc lorsque la Commission européenne nous invite à ne pas avoir un taux de dépense qui s’éloigne de la moyenne européenne (nous sommes à 8 points au-dessus de celle-ci), c’est pour que nous allions mieux. Il y a une mauvaise utilisation de l’argent public qui a pour effet de pénaliser la croissance. Les pays qui ont remis de l’ordre dans leurs dépenses publiques sont des pays qui vont mieux. »
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« Nous avons une dette extrêmement élevée et l’argent ne pousse pas sur les arbres. Il faut donc d’une manière ou d’une autre, à un moment donné, avoir une économie qui s’insère dans l’économie mondiale en étant compétitif tout en gardant des gardes fous sociaux. »
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« Nous avons fait une union économique et monétaire dont le volet monétaire est très européen mais dont le volet économique est très dispersé. Donc lorsqu’il y a des déséquilibres, nous n’avons pas les moyens au niveau européen de les compenser. A termes, nous aurons donc besoin de ceux-ci. »
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« La première chose que la France peut faire pour rendre service à l’Europe, c’est de se renforcer elle-même. »
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« Dans les propositions européennes d’Emmanuel Macron, il y a des propositions en matière de sécurité et de défense ; des mesures en matière de migration, contrôle aux frontières et politique commune d’asile. Donc l’économie c’est important mais il ne faut pas réduire le programme européen d’Emmanuel Macron à ces deux mesures qui peuvent paraitre abstraites pour les Français. »

A propos du critère européen des 3%

« Macron a clairement dit que la France respecterait ses engagements. L’engagement qui est dans les traités, c’est l’équilibre des finances publiques. Et les 3% c’est la marge avec laquelle chaque Etat peut décider d’investir plus pour sa sécurité ou autre. Maintenant tout le monde commence à raisonner que l’objectif, c’est les 3%. »
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« Il n’y a aucune fatalité du déficit pour toujours et de la mauvaise gestion même si évidemment il est extrêmement compliqué de réduire la dépense publique. Ça prendra du temps. »
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« Ce qui est bon pour la France c’est de respecter cet engagement car cela évitera que nous continuions à consacrer une part trop grande de la richesse nationale à de la dépense publique mal gérée, des dépenses sociales mal calibrées qui ne vont pas forcément à ceux qui en ont le plus besoin. »

A propos du renouvellement politique

« Il est clair que si l’on pouvait disposer d’une majorité En Marche, on ne se plaindrait pas. En revanche, pour ma part je viens de passer 8 ans au Parlement européen dans lequel il n’y a pas de majorité prédéfinie. Les Français sont habitués à une démocratie de la confrontation. Celle-ci a des avantages mais aussi des inconvénients puisqu’un certain nombre de réformes urgentes dont le pays a besoin n’ont pas été menées. Il faut donc faire appel au vrai patriotisme des Français. »
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« Je pense que remettre l’école en mesure de fournir une égalité concrète ; maintenir les objectifs climat ; la lutte contre le terrorisme sont des sujets sur lesquels les Français peuvent se retrouver au lieu de se déchirer en permanence. »

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