Soutien d’Emmanuel Macron depuis le début, la députée européenne Sylvie Goulard réagit à chaud à la victoire du candidat En Marche ! Elle plaide pour un débat politique moins violent et plus rationnel avant les législatives.

Quelle leçon tirez-vous de la victoire de votre champion Emmanuel Macron ?

Il y a une leçon à tirer de cette campagne pour la démocratie. Elle a été d’une grande virulence. Il y a eu beaucoup de nouvelles erronées colportées par les réseaux sociaux. Mais derrière les réseaux sociaux, il y a des citoyens ! Je ne comprends pas pourquoi certains ont considéré que le débat devait être une invective permanente sur la base d’informations non vérifiées. Bref, pour l’avenir de la démocratie française, il faut revenir à un débat plus serein et plus argumenté. Les chrétiens ont un rôle spécial à jouer là-dedans. Ils doivent créer un espace de respect mutuel. Les opinions peuvent être antagonistes. Mais on ne peut en rester au niveau des mensonges et de l’insulte.

Les pays européens, de leur côté, saluent déjà la victoire d’Emmanuel Macron

Évidement. J’ai entendu pendant la campagne que la France ne devait pas être prisonnière de l’euro. Mais on ne disait rien des traités en cours qui obligent la France. Il y a un enjeu international énorme. Ce n’est possible, pour un pays comme la France, de forcer la main aux autres et de quitter ses obligations de manière unilatérale. Bien sûr, il faut que l’Europe change. Une chose est de souhaiter changer par la négociation en faisant l’effort de convaincre ses adversaires ; une autre est d’imposer sa décision de manière brutale. Un pays ne peut décider seul. Je sens, chez nos voisins de la zone euro, un intérêt spécial. C’est comme dans le mariage… si on est engagé on ne peut se dédire sur un coup de tête. On ne peut pas faire comme si ces liens n’existaient pas. Respecter un engagement, ce n’est pas être prisonnier !

Vous êtes confiante pour les prochaines législatives ?

Un point me semble important : celui de la sécurité. S’il est prouvé que des cyber-attaques contre les serveurs d’En marche sont venues de l’extérieur, cela est grave comme interférence dans le processus électoral. Ce n’est pas une simple péripétie. Il faudrait, avant les législatives, retrouver un débat sécurisé. C’est capital de préserver les élections des attaques d’où qu’elles viennent.

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